1 février 2026 - 13:46
Rafah rouvre partiellement, tandis que les attaques se poursuivent à Gaza

Le passage de Rafah, principal point de sortie de la bande de Gaza vers l’Égypte, a été partiellement rouvert ces dernières heures pour permettre un flux limité d’aide humanitaire et, selon plusieurs sources, des évacuations médicales ponctuelles, alors que les opérations militaires des forces sionistes se poursuivent dans l’enclave palestinienne, au milieu d’une catastrophe humanitaire aggravée et d’accusations internationales de génocide.

Agence de presse AhlulBayt (ABNA) : D’après des informations relayées par des médias régionaux et des acteurs humanitaires, l’ouverture demeure partielle et strictement encadrée : elle concernerait un nombre restreint de convois, soumis à des procédures de coordination, de contrôle et de calendrier qui varient d’une journée à l’autre. Des agences de secours indiquent que l’entrée des camions se fait par vagues, après validation de listes et de cargaisons, ce qui limite fortement la capacité à répondre aux besoins massifs de la population.

Sur le terrain, des organisations humanitaires préviennent que cette réouverture « au compte-gouttes » ne suffit pas à inverser l’effondrement des services vitaux à Gaza. Les stocks de médicaments, d’anesthésiants, d’oxygène et de consommables de chirurgie restent très inférieurs aux besoins, alors que de nombreux établissements de santé fonctionnent sous contraintes extrêmes, parfois sans électricité stable, ni carburant suffisant pour alimenter les générateurs. Les autorités sanitaires à Gaza alertent régulièrement sur la hausse des décès évitables, liés au manque de soins, aux retards de transferts et à la difficulté d’accès aux structures médicales.

Rafah constitue également un point crucial pour la sortie des blessés graves, des personnes âgées et des patients atteints de maladies chroniques nécessitant des traitements indisponibles dans l’enclave. Or, même lorsque le passage est ouvert, la capacité d’évacuation reste limitée par les autorisations, la saturation logistique et la situation sécuritaire. Des familles déclarent attendre de longues périodes, dans l’espoir qu’un proche puisse être inscrit sur des listes d’évacuation médicale, tandis que des cas urgents continuent d’être signalés.

Cette évolution intervient alors que les bombardements et opérations terrestres se poursuivent dans plusieurs secteurs, y compris le sud de la bande de Gaza, où se concentrent de nombreux déplacés. Des rapports de terrain mentionnent des frappes touchant des zones densément peuplées, ainsi que des infrastructures civiles, accentuant la pression sur une population déjà confrontée à la pénurie d’eau potable, à l’insécurité alimentaire et au manque d’abris.

Sur le plan politique et juridique, les accusations de génocide ont pris une dimension internationale, avec la multiplication d’appels à la reddition de comptes et à la protection effective des civils. La Cour internationale de Justice a été saisie dans une affaire portée par l’Afrique du Sud et a émis des mesures conservatoires demandant notamment de prévenir des actes susceptibles de relever de la Convention sur le génocide et de faciliter l’accès humanitaire. Dans ce contexte, plusieurs observateurs estiment que l’ouverture partielle de Rafah, si elle constitue un signal pratique, ne saurait remplacer un cessez-le-feu durable et des garanties opérationnelles de protection des populations civiles.

À Gaza, l’annonce d’une reprise limitée du passage est accueillie comme un soulagement relatif, mais aussi comme une mesure insuffisante au regard de l’ampleur des destructions. Des ONG insistent sur la nécessité d’un accès humanitaire continu, prévisible et à grande échelle, incluant l’entrée régulière de carburant, de matériel médical et de denrées essentielles, ainsi que la mise en place de mécanismes de coordination permettant d’acheminer rapidement l’aide vers les zones les plus touchées.

Fin/229

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